West Nile dans sept régions, un foyer de chikungunya ouvert dans le Lot
Avec 145 cas autochtones de West Nile au 28 septembre 2026, le virus circule dans sept régions. À Prayssac, dans le Lot, l’épisode de chikungunya n’était pas clos au dernier pointage.

Les derniers chiffres de Santé publique France, arrêtés au 28 septembre 2026, montrent une saison dominée par le virus West Nile, qui circule désormais dans sept régions de France hexagonale, et par plusieurs foyers de chikungunya transmis localement par le moustique tigre. La dengue pèse moins lourd dans le bilan, avec quatre épisodes de transmission locale.
En bref
- Le dispositif suit quatre arboviroses : le chikungunya, la dengue, le Zika et West Nile.
- Le chikungunya et la dengue, eux, passent d’une personne à une autre par la piqûre du moustique tigre, une espèce invasive, tandis que les cas importés rappellent le rôle des voyageurs.
- Ces repères décrivent une situation collective : ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin en cas de fièvre ou de douleurs après une piqûre.
Ce que mesure la surveillance renforcée
Le dispositif suit quatre arboviroses : le chikungunya, la dengue, le Zika et West Nile. Le bilan le plus récent couvre la période du 1er mai au 27 septembre 2026. Il sépare deux catégories qu’il ne faut pas confondre : les cas autochtones, contractés en France hexagonale sans voyage, et les cas importés, rapportés d’un séjour dans une zone où ces virus circulent. Cette surveillance rapprochée se poursuit jusqu’au 30 novembre, à l’époque où les moustiques vecteurs cessent leur activité.
Pour West Nile, les sept régions touchées sont la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie, l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire. Fin août, RFI notait déjà, à partir des données de l’agence sanitaire, que le virus avait été repéré dans des départements où il ne circulait pas auparavant.
D’où viennent ces virus
Les quatre maladies n’empruntent pas la même voie. West Nile circule entre des oiseaux et des moustiques du genre Culex. L’humain et le cheval sont des hôtes dits accidentels : ils ne font pas repartir la chaîne de transmission. Selon une chercheuse de l’Institut Pasteur interrogée par RFI, c’est le Culex pipiens, l’espèce la plus répandue dans l’Hexagone, qui transmet le virus. Le chikungunya et la dengue, eux, passent d’une personne à une autre par la piqûre du moustique tigre, une espèce invasive, tandis que les cas importés rappellent le rôle des voyageurs.

| Virus | Vecteur ou origine | Repères cliniques |
|---|---|---|
| West Nile | Cycle oiseaux et moustiques Culex | Le plus souvent sans symptôme ; syndrome grippal pour environ un cinquième des personnes ; complications graves, parfois mortelles, dans moins de 1 % des cas |
| Chikungunya | Moustique tigre ; 152 cas importés, surtout de l’île Maurice (46), de Guyane (40) et de Mayotte (17) | Symptômes dans 80 % des cas, avec de fortes douleurs articulaires |
| Dengue | Moustique tigre ; 424 cas importés, en tête la Martinique (142), le Cambodge (26) et le Togo (20) | Souvent sans symptôme ; fièvre et formes hémorragiques possibles |
| Zika | 17 cas importés signalés | Non détaillé dans les sources consultées |
Une précaution de lecture s’impose pour West Nile : d’après le bulletin, un temps favorable aux moustiques facilite la circulation du virus, mais une surveillance plus active fait aussi remonter davantage de cas. Autre point sensible, une personne infectée sans le savoir peut transmettre le virus lors d’un don de sang ou d’organe. Le moustique tigre, de son côté, était recensé début août dans 83 départements métropolitains, avec une période d’activité de mai à novembre.
L’Occitanie, région la plus détaillée
Le bulletin régional publié le 1er octobre, avec un état au 29 septembre, recense 39 cas autochtones de chikungunya, 3 de dengue et 38 infections West Nile, dont 7 sans lieu de contamination précisé. Actu.fr en a détaillé la répartition :
- Chikungunya : 30 cas à Prayssac (Lot), épisode encore ouvert ; 8 cas à Saint-Amans-Soult (Tarn), foyer clos ; 1 cas à Aigues-Mortes (Gard), sous surveillance.
- Dengue : un cas à Carmaux (Tarn), symptômes apparus le 19 juin, et deux à Sète (Hérault), les 5 et 29 juillet ; ces épisodes sont clos.
- West Nile : 31 cas localisés dans sept départements, avec la Haute-Garonne en tête (13), puis le Gard (6), les Pyrénées-Orientales (4), l’Hérault (3), le Tarn (2), le Gers (2) et l’Aude (1).
Ces totaux s’additionnent sur plusieurs mois : ils ne décrivent pas une vague de contaminations récentes. Pour le chikungunya et la dengue, un épisode n’est déclaré terminé qu’après 45 jours sans nouveau cas, ce qui explique qu’un foyer devenu calme puisse rester ouvert dans les statistiques. À Prayssac, les premiers symptômes sont apparus entre le 10 août et le 21 septembre.
Une saison à replacer dans le temps
- : plusieurs milliers de moustiques tigres stériles sont lâchés en Corrèze pour freiner la progression des cas autochtones.
- : plus de 800 cas autochtones de chikungunya, 29 de dengue et 62 de West Nile en France hexagonale, dans 17 départements pour West Nile, avec des premiers cas en Île-de-France et en Normandie.
- : la Direction générale de la santé appelle les professionnels de santé à une vigilance renforcée.
- : cinq épisodes liés au moustique tigre, dont trois de chikungunya (sept cas, Tarn et Gironde) et deux de dengue (Tarn et Hérault).
- : bilan national le plus récent du dispositif.
Pour 2025, franceinfo rappelle que 29 épisodes de transmission locale de dengue et de chikungunya avaient été identifiés en métropole, l’année où l’épidémie de La Réunion a touché plus de 47 000 personnes.
Face aux foyers actuels, les autorités ont mis en place les mesures habituelles pour sécuriser les dons de sang et les greffes. Autour des cas de chikungunya et de dengue, elles mènent des investigations, informent soignants et habitants et déploient des mesures de lutte contre les moustiques. Ces repères décrivent une situation collective : ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin en cas de fièvre ou de douleurs après une piqûre.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Jimmy Chan. Licence Pexels.



