Avant un bilan de prévention, quelles étapes suivre pour que le rendez-vous serve vraiment ?

Quatre tranches d’âge, 30 à 45 minutes avec un professionnel et un plan personnalisé à la clé : voici comment se déroule ce rendez-vous pris en charge à 100%.

Eloïse Zeller Par Eloïse Zeller
4 min de lecture
Avant un bilan de prévention, quelles étapes suivre pour que le rendez-vous serve vraiment ?
Consultation vue du dessus : une main note sur un bloc-notes, un flacon de comprimés à la main, avec stéthoscope et oxymètre sur la table.

En bref

  • Quatre tranches d’âge sont concernées : 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans.
  • Le bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais.
  • Un auto-questionnaire facultatif aide à préparer l’échange.
  • Le rendez-vous se termine par un plan personnalisé de prévention.

Un seul bilan par tranche d’âge, partout en France, avec un professionnel de santé qui prend le temps de parler de vous plutôt que d’un symptôme : c’est le principe de Mon Bilan Prévention. D’après le portail des ministères sociaux, il s’agit d’un dispositif de sensibilisation et d’accompagnement qui invite chacun à faire ce point à différents âges clés de la vie.

Qui peut en bénéficier, et à quelles conditions

Le dispositif concerne les personnes de 18 à 25 ans, de 45 à 50 ans, de 60 à 65 ans et de 70 à 75 ans. Selon Previssima, il propose ce rendez-vous à 21 millions de Français. Annoncé par le Président de la République en 2022, il est déployé sur tout le territoire depuis janvier 2024, après une phase pilote dans les Hauts-de-France fin 2023.

21 millionsde personnes invitées à ce rendez-vous
100 %de prise en charge par l’Assurance maladie, sans avance de frais
4tranches d’âge, avec un seul bilan par tranche

La participation des professionnels repose sur le volontariat. Le médecin, l’infirmier, le pharmacien ou la sage-femme perçoit 30 euros en métropole et 31,50 euros en outre-mer, sans dépassement possible. Santé publique France cite aussi le masseur-kinésithérapeute et précise que la carte vitale ou l’AME suffit pour y accéder.

Préparer le rendez-vous pas à pas

La préparation reste simple et facultative. Dans l’ordre :

  1. Remplir l’auto-questionnaire adapté à son âge, qui donne un premier aperçu de ses habitudes de vie. Il se télécharge sur monbilanprevention.sante.gouv.fr et peut aussi se compléter sur Mon Espace Santé, en amont ou pendant le rendez-vous.
  2. Chercher un professionnel : demander à ceux que l’on consulte déjà s’ils réalisent le bilan, ou en trouver un dans sa région grâce à la carte proposée par le portail officiel.
  3. Prendre rendez-vous en précisant qu’il s’agit d’un bilan de prévention, car il dure plus longtemps qu’une consultation classique.

Selon L’Alsace, la consultation dure de 30 à 45 minutes ; Santé publique France évoque pour sa part 45 minutes d’échange.

Ce dont on parle pendant la consultation

Le professionnel fait le point sur les antécédents médicaux personnels et familiaux, puis sur les comportements : alimentation, activité physique, sédentarité, addictions. Il regarde aussi le parcours de santé (vaccinations, suivi buccodentaire, variation de poids) et le bien-être mental et social : sommeil, isolement, conditions de travail. L’objectif est d’identifier d’éventuels facteurs de risque, de programmer des dépistages et de mettre à jour les vaccinations.

Plutôt que de tout traiter, la discussion fait ressortir un ou deux sujets de prévention sur lesquels concentrer ses efforts. Elle s’achève par un plan personnalisé de prévention, rempli avec le professionnel. Il est ajouté au dossier médical partagé et transmis au médecin traitant si celui-ci n’a pas réalisé la consultation. Si des symptômes ou une maladie sont découverts à cette occasion, la personne est orientée vers un médecin.

Un intérêt qui varie selon l’âge

Pour les 60-65 ans et les 70-75 ans, le bilan aide à prévenir les risques liés à l’âge et la perte d’autonomie. Les conseils portent notamment sur une activité physique régulière et adaptée, utile contre les risques de chutes, et sur une alimentation équilibrée et variée. Le portail ministériel souligne que le vieillissement est la principale cause d’altération de l’alimentation, avec perte d’appétit, perte de goût ou troubles de la mastication.

Le dispositif répond aussi à un constat rapporté par L’Alsace : selon l’OMS, les maladies chroniques sont la première cause de mortalité dans le monde et concourent à près de 86 % des décès en Europe. Le 8 septembre, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a lancé une campagne de communication pour faire connaître le dispositif.

Santé publique France met enfin à disposition des flyers, des vidéos et une affiche, rédigés simplement et traduits en plusieurs langues. Un dépliant donne des repères aux personnes qui accompagnent des publics vulnérables pour leur en parler. Les articles du blog sur le rendez-vous gratuit aux âges clés détaillent aussi les documents à emporter.

Photo : Towfiqu barbhuiya / Pexels

Eloïse Zeller

Santé, nutrition, mouvement et hygiène de vie

Eloïse Zeller

Eloïse Zeller a été aide-soignante en maison de retraite en Alsace pendant quinze ans, là où elle a commencé à s'intéresser à l'alimentation des résidents. Elle écrit sur la santé au quotidien, l'hygiène de vie, l'alimentation crue et les régimes dits ancestraux, en distinguant ce qui est établi de ce qui ne l'est pas. Elle marche chaque matin une heure sur les chemins des Vosges.